Une fascination nouvelle pour le Japon
À partir de la fin des années 1860, la France se passionne pour le Japon. Estampes, éventails, céramiques, textiles, laques, bronzes ou paravents affluent en Europe et suscitent un véritable engouement. Artistes, écrivains, critiques et collectionneurs sont parmi les premiers à se laisser séduire par ces objets venus d’un pays qui vient tout juste de s’ouvrir davantage aux échanges avec l’Occident.
Les Expositions universelles, les ventes aux enchères, les marchands spécialisés, puis les grands magasins contribuent largement à leur diffusion. Peu à peu, l’art japonais devient familier des intérieurs français et s’impose surtout comme une formidable source d’inspiration pour les artistes.
Car derrière l’effet de mode se joue une véritable révolution du regard. Les estampes japonaises révèlent aux créateurs occidentaux d’autres manières de représenter le monde : compositions asymétriques, cadrages audacieux, aplats colorés, silhouettes cernées, simplification des formes ou attention portée aux manifestations les plus infimes de la nature. Comme l’écrit Edmond de Goncourt, le Japon a « révolutionné l’optique de l’Occident ».
De la seconde moitié du XIXe siècle aux années 1920, cette fascination nourrit profondément la création française. Peinture, estampe, arts décoratifs et objets manufacturés témoignent d’un dialogue particulièrement fécond entre le Japon et la France.
À travers des œuvres japonaises et occidentales, l’exposition invite à découvrir ce phénomène majeur de l’histoire de l’art : le japonisme. Organisé en trois grandes sections, le parcours montre comment les artistes sont successivement devenus collectionneurs et observateurs de l’art japonais, avant d’en emprunter les motifs, puis d’en assimiler certaines techniques et principes esthétiques pour inventer un langage nouveau.