Pour la conservation des œuvres, le musée est climatisé à 20°. La salle Julia sera inaccessible au public les 18/9 jusqu'à 13h, 21, 22 et 23/09, mercredi 14/10 et jeudi 15/10 jusqu'à 13h. Merci pour votre compréhension.
Focus : De poudre et d’or : pastels de nos collections
Informations sur l’exposition
Exposition passée
Du vendredi 27 septembre 2024 au dimanche 05 janvier 2025
Fragile et sensible aux effets de la lumière, souvent à l’abri des regards, le pastel sort ici de l’ombre. D’abord utilisé pour la réalisation des esquisses ou rehausser des dessins, le pastel, avec sa rapidité d’exécution, transcription immédiate d’une émotion ou d’une lumière fugace, a su séduire les artistes. Effacement, recommencement, superposition… ils ont su jouer de la grande diversité de cette technique et de ses mille possibilités pour saisir la fraîcheur de la peau, le frémissement d’une moustache, l’éclat d’une bottine vernie ou les mystères de la vie. Issue des collections du musée, la sélection fait résonner des œuvres de plusieurs courants artistiques des XIXe et XXe siècles. Les Nabis côtoient les peintres de Concarneau, Paul Gauguin est entouré de Maxime Maufra, Henri Delavallée ou Frederik Gad Clement et plusieurs œuvres de Claude-Emile Schuffenecker, dont le pastel demeure une des techniques de prédilection, complètent l’exposition. Treize artistes pour vingt-six œuvres et autant de bâtons de couleurs écrasés, de lignes hachurées et de contours floutés. Treize artistes, tous animés par le même désir de saisir le monde qui les entoure tel qu’il est ou tel qu’ils le voient.
Graine de pastel : une aventure passionnante, de la plante à l’œuvre d’art
Le pastel des teinturiers, ou Isatis tinctoria en latin, est une plante crucifère, dont les feuilles contiennent un pigment coloré, le bleu pastel. Le pigment, extrait des feuilles séchées, est additionné d’une charge pour la texture (souvent du carbonate de calcium) et d’un liant qui assure la dureté du bâton. Puis un procédé artisanal permet de réaliser une pâte colorée qui est ensuite façonnée en forme finale de bâtonnets, connus de tous, utilisés pour le dessin.
Avec leurs textures crayeuses et l’éclat des couleurs, les bâtons colorés doivent sans doute leur succès à leur capacité à capter l’instant présent. Le pastel s’y prête à merveille, matériau léger, peu encombrant, il ne nécessite ni préparation ni séchage. C’est également une alternative moins chère à la peinture à l’huile et plus maniable que l’aquarelle. Le pastel séduit, les artistes s’en emparent et le font évoluer. Conçu au départ comme un moyen d’étudier et préparer une œuvre, il devient peu à peu un art à part entière.
Comme l’écrit un critique en 1844, « le pastel a un grand avantage sur la peinture ; le crayon va vite comme l’inspiration ; telle pensée qui demandera à un peintre six mois de labeur sera rendue par le pastel en quelques heures ».